Représentant plus des ¾ de la production des SSII françaises, les 10 premières SSII françaises cotées viennent de publier leur chiffre d’affaires du 1er trimestre 2013. Quels sont les faits marquants et quels enseignements peut-on en tirer ?




les SSII françaises restent fortement dépendantes du nombre de jours ouvrables et ne parviennent pas à faire évoluer leur facturation vers un mode réellement forfaitaire, y compris pour les activités qui s’y prêtent (maintenance, support...)
Au-delà de l’effet calendaire, le secteur des services informatiques est en décroissance, tout particulièrement en France. Le recul du CA de la profession est dû pour une large part aux difficultés de la conjoncture : l’économie est faible en Europe et tout particulièrement en France, et assez naturellement les clients limitent leurs dépenses informatiques
Les grandes SSII se tournent davantage vers l’international et délaissent le marché français (sur le sujet, voit notre précédent article « L’international : l’eldorado des SSII ? »)
Quelques sociétés réussissent à construire un business modèle en adéquation avec cette nouvelle phase du marché. Futurs vainqueurs de ce nouveau cycle, elles gagnent des parts de marché en France au détriment des sociétés dont le modèle économique patine, et se mettent en position de participer à la consolidation du secteur
Le secteur des services informatiques est particulièrement pléthorique : des SSII se créent tous les jours et rejoignent les milliers de sociétés existantes. Ambitieuses et créatives, en phase avec les nouvelles générations d’informaticiens et de DSI, elles se développent à partir d’avantages compétitifs prisés par le marché.
Pourtant plusieurs limites, liées à la façon dont le dirigeant-fondateur choisit et fait évoluer son équipe de direction, vont freiner la progression de ces sociétés en forte croissance :
La croissance internationale : moteur principal des SSII en 2012
18 SSII cotées à Paris ont communiqué leurs résultats de façon suffisamment détaillée pour permettre une analyse de l’évolution de leur chiffre d’affaires. Parmi ces sociétés on compte 4 grandes entreprises dont le CA est supérieur à 1500 millions € (ou le sera en 2013) ainsi que 13 entreprises de taille intermédiaire (ETI) dont le CA est supérieur à 150 millions €. Cumulant un CA de près de 10 milliards €, soit environ la moitié du CA du marché français des 50 premiers prestataires de services informatiques, ces 18 sociétés sont parfaitement représentatives du marché des services informatiques en France...
33 SSII cotées, représentant environ 80% des ventes de la profession, ont récemment publié leur chiffre d’affaires 2012. Quelles conclusions peut-on en tirer ?
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En matière ferroviaire, le tampon permet d’amortir les chocs. En informatique, ce sont les SSII qui jouent ce rôle...
Les SSII déploient une énergie considérable à rechercher de nouveaux clients, alors même que leur portefeuille clients, du moins pour les grandes et moyennes entreprises, est généralement équilibré. Cette politique commerciale est-elle justifiée ?
Lire Plus…L’intégration des SSII rachetées, si elle est particulièrement mal conduite, peut mettre en péril l’entreprise toute entière. Il est d’ailleurs paradoxal de constater que c’est lors de l’acquisition que le dirigeant repreneur est le mieux conseillé alors que c’est en aval de cette phase que le plus dur est à faire.
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Selon le BCG, 60% des opérations de fusion-acquisition détruisent de la valeur. Mon expérience personnelle corrobore ces chiffres fournis par le BCG.
J’ai participé à 17 acquisitions-fusions dans le secteur des SSII, le plus souvent côté acquéreur mais parfois côté cible, la plupart du temps en 1ère ligne. C’est donc en toute connaissance de cause que je pense que peu nombreuses sont les opérations qui se déroulent de manière satisfaisante et selon le plan initialement prévu. Ce constat est d’autant plus perturbant qu’on s’aperçoit, avec un peu de recul, que très souvent le même mauvais scénario se déroule inexorablement :
Professeur en stratégie d’entreprise à Harvard, et l’un des consultants les plus écoutés des entreprises américaines, Michaël Porter a beaucoup travaillé sur la compétitivité et les avantages concurrentiels. Dans son célèbre ouvrage paru en 1980 («Competitive strategy»), il identifie 5 forces qui structurent l’environnement concurrentiel des entreprises :
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La pression sur les tarifs constitue le problème N°1 des SSII. En se répercutant mécaniquement sur la marge d’exploitation, elle pénalise la rentabilité, les capacités d’investissement et la valorisation boursière de ce secteur d’activité.
Problème bien plus crucial que les difficultés de recrutement, la capacité à augmenter les prix constitue un défi pour cette industrie, et en illustre les faiblesses.
En 2003, le multiple du résultat d’exploitation (cours/résultat d’exploitation) des sociétés cotées à Paris, tous secteurs confondus, s’élevait à 15. En 2011, ce même multiple était passé à 10, soit une baisse de 33%.
Appliqué aux SSII, ce ratio s’élevait à 20 en 2003. En 2011, ce même multiple avait chuté à 7 et avait donc subi une baisse de 65%(1).
Ainsi, en 8 ans, la valorisation des SSII a chuté 2 fois plus que celle du marché.